Le Message de Narnia

d’après C.S. Lewis

Narnia, le message caché !

Le message de Narnia peut changer votre vie.

Saviez-vous que C.S. Lewis, l’auteur de la série à succès “Les Chroniques de Narnia”, a donné à chaque personnage une signification secrète?

Savez-vous ce que représentent Peter, Lucy et Susan, les petits héros de la série ? Voulez-vous savoir qui se cache derrière Aslan, le lion fier et courageux ? De qui la méchante sorcière blanche est-elle l’effigie ?

Vous saurez tout cela et plus encore en lisant la véritable histoire de Narnia, et le message que son auteur a désiré transmettre à travers ses livres.

L’équipe.


Pensées quotidiennes de CS Lewis

Découvrez chaque jour sur le blog de Narnia les pensées quotidiennes de C.S. Lewis

Pendant tout le mois de Janvier, nous vous proposons de découvrir la pensée de l’auteur du Monde de Narnia, C.S. Lewis, au travers de passage de ces livres. Chaque matin, vous avez la possiblité de recevoir dans votre boîte email, la pensée du jour de C.S. Lewis! Ces textes présentent la pensée chrétienne de cet auteur remarquable.

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Narnia, le catéchisme selon Disney?

Le dernier né des studios Disney est l’un des trois événements cinématographiques de cet hiver, en compétition avec Harry Potter et King Kong. Et il faut le dire, les studios Disney ont mis le paquet: tournages aux quatre coins de la planète, décors, costumes et effets spéciaux grandioses, promotion peaufinée…

Jey pour jeunescatho.org [20/12/2005]

Il y a là-derrière comme un esprit de revanche - une façon de dire qu’on a compris la leçon après avoir laissé passer sous son nez le jackpot nommé Potter (jugé trop londonien) et la trilogie du Seigneur des Anneaux (trop coûteuse, disait-on à l’époque).

Cette fois, Disney sait ce qu’il fait en misant sur «Le Monde de Narnia». L’œuvre est bien rôdée. Il s’agit à la base d’une série de sept livres écrits dans les années 50 par Clive Staple Lewis. La saga, intitulée «Les Chroniques de Narnia» a été traduite en 34 langues; plus de 85 millions d’exemplaires ont été vendus à travers le monde. Bref, un monument de la littérature anglo-saxonne.

Le secret du scénar’

Une cruelle sorcière nommée Jadis a usurpé le pouvoir à Narnia. Elle a plongé tout le pays dans un hiver perpétuel et a réduit en servitude ses habitants. Pour eux, “c’est toujours l’hiver, et jamais Noël!â€? Un seul espoir habite encore le cÅ“ur de ceux d’entre eux qui ne se sont pas ralliés au pouvoir maléfique de la sorcière: le retour du lion Aslan, le créateur de Narnia. Mais l’attente devient longue… Pourtant, une prophétie ancienne annonce que la tyrannie de la sorcière prendra fin et que deux fils d’Adam et deux filles d’Ève monteront sur les quatre trônes de Cair Paravel…

Voilà, en gros, la situation de départ, quand Lucie et ses frères et sœur, découvrent le monde de Narnia en passant par une armoire magique. Vous allez dire: «Encore un scénar’ archi classique, avec des bons et des méchants, et - connaissant Disney - les gentils gagnent à la fin, ils sont heureux et ils ont beaucoup d’enfants.» Mais il y a une subtilité à l’histoire. Car dans la trame du récit, Lewis a transposé toute sa foi chrétienne. Lors d’une conférence en 1954, il a expliqué: «Je me suis dit: Supposons qu’il existe un monde comme Narnia et que, de la même façon que le Fils de Dieu est devenu un homme dans notre monde, il soit devenu un lion dans celui de Narnia. Imaginons alors ce qui arriverait.»

Alias Aslan

Dans l’œuvre de Lewis, donc, le Christ transparaît sous les traits du lion Aslan. Les habitants attendent sa venue comme le peuple hébreu attendait le Messie. Aslan aura d’ailleurs son Jean-Baptiste. Dans l’univers féerique de Lewis, ce messager qui annonce la venue du sauveur, c’est le père Noël!… Et puis, la prophétie qui annonce le règne des quatre descendants d’Adam et Ève rappelle un peu cette autre prophétie qui fit trembler le cruel Hérode…

Aslan est au centre de toutes les Chroniques de Narnia. C’est à ses côtés, ou c’est pour lui, que les héros de la saga entreprennent leurs quêtes héroïques. Aslan prend parfois des apparences nouvelles: il peut être tantôt un agneau, tantôt une voix que l’on entend à côté de soi.

Au cours de l’histoire, Aslan explique même qu’il n’est pas présent qu’à Narnia. On peut le rencontrer dans ce monde-ci également, comme il le dit à Lucy: «Je porte là-bas un autre nom. Il faut apprendre à me connaître par ce nom.» À une jeune lectrice qui lui écrivait un jour pour demander quel était ce nom, Lewis répondit malicieusement: «L’autre nom d’Aslan, je souhaite que vous le deviniez. Personne d’autre dans ce monde n’est arrivé à la même époque que le Père Noël. Il est le fils de l’Empereur au-delà des mers. Il s’est sacrifié pour racheter la faute d’un autre, a été moqué et tué par de mauvaises personnes. Il est revenu à la vie. Il s’exprime parfois comme un agneau. Vraiment, vous ne savez pas son nom dans ce monde? Réfléchissez bien et faites-moi savoir votre réponse.»

Petit credo avant le dodo?

Ainsi l’œuvre de Clive Staple Lewis est comme un catéchisme version Jean de La Fontaine. Elle parle de Dieu, de la création, de la quête religieuse, de la lutte contre le mal et de la rédemption de l’homme par la mort et la résurrection d’un Sauveur. Et tout cela, sans avoir l’air d’y toucher. Avec la bonhomie d’un grand-père qui raconte un joli conte de fée à ses petits-enfants pour les endormir le soir.

Mais au lieu de nous endormir, - qui sait? - peut-être cela va-t-il réveiller notre foi?…

Source: InXL6.org


Disney cinévangéliste

Avec «Narnia», qui sort mercredi, le studio se place sur le créneau chrétien en vogue depuis «la Passion du Christ». Lors de sa sortie aux Etats-Unis, pasteurs et paroissiens ont joué les prosélytes de ce film pour enfants pour le moins manipulateur.

«Participez au concours du sermon Narnia et gagnez un voyage GRATUIT à Londres, en Angleterre ­ la terre de C.S. Lewis. Imaginez le voyage d’une vie. Emmenez une personne de votre choix pour Londres et Oxford…» Alléchante, l’annonce figure sur le site religieux SermonCentral.com, spécialisé dans les services aux pasteurs. Le concours est organisé dans le cadre de la promotion, par Walt Disney, de son dernier film, le Monde de Narnia, une adaptation à 150 millions de dollars du livre pour enfants de C. S. Lewis, l’Armoire magique. Le gagnant, tiré au sort, recevra deux billets d’avion pour Londres et 1 000 dollars. Une seule condition : le sermon doit évoquer Narnia, cette série de contes fantastiques pétris de christianisme écrits dans les années 50.

A notre connaissance, cette idée de «publi-sermon» est une première dans l’histoire de la chrétienté. Elle a été mise au point par Outreach Media, agence recrutée par Walt Disney Pictures. La règle du concours n’oblige certes pas les pasteurs à prononcer ces sermons «narniaïsés» dans leur église. Mais il y a de bonnes chances qu’ils le feront, une fois qu’ils les auront fignolés avec coeur. Pour quelques milliers de dollars, des dizaines d’églises américaines sont ainsi enrôlées dans le marketing d’un produit d’Hollywood.

Le groupe n’a reculé devant rien pour lancer son film. Avec Narnia, il a l’impression de tenir un blockbuster capable de faire exploser le box-office, dans la veine de Matrix ou d’Harry Potter. Disney espère capter à la fois les enfants, les fanas d’heroic fantasy, mais aussi les chrétiens. Cumuler les millions de spectateurs de Shrek, du Seigneur des Anneaux et de la Passion du Christ. Le parfait jackpot. Le démarrage a été réussi (67 millions de dollars pour le premier week-end) et le filon ne se tarira pas de sitôt : C. S. Lewis a eu la bonne idée d’écrire sept romans dans ses «chroniques de Narnia». Pour réussir pleinement ce pari, Disney avait besoin du relais des églises. Il n’a eu aucun problème à enthousiasmer les milieux évangéliques, trop contents de trouver des outils de communication modernes pour passer leur message. Dans tous les Etats-Unis, depuis la sortie du film le 9 décembre, des églises ou des communautés religieuses affrètent des bus vers les salles de cinéma.

Plus fort que «Harry Potter»

C. S. Lewis, un Irlandais du Nord, est l’une des icônes du monde évangéliste, révéré comme un saint. Ancien soldat (volontaire), enseignant de la littérature du Moyen Age et de la Renaissance à Oxford, c’est un ancien athée qui avait retrouvé la foi chrétienne sous l’influence de son ami Tolkien, l’auteur du Seigneur des Anneaux. Un born again comme on dirait aujourd’hui : la crème de la crème du croyant, dans l’échelle de valeurs tacite des évangélistes. Généralement méprisés par les intellectuels, ils adulent Lewis, dont ils font l’un des plus grands penseurs du XXe siècle.

Son roman l’Armoire magique, le plus populaire de la série, raconte l’histoire de quatre enfants, pendant la Seconde Guerre mondiale, qui débarquent dans le monde fantastique et glacé de Narnia en passant à travers les manteaux d’une penderie. Ils y croisent une sorcière blanche (le mal), un lion magnifique (le bien). L’un des enfants, Edmund, succombe à la tentation, mais le lion Aslan, christique en diable, se sacrifie pour le délivrer du mal. Happy-end : le lion ressuscite. Tiens donc.

Avec ses livres, Lewis entendait préparer les jeunes esprits pour les rendre «plus réceptifs au christianisme lorsqu’ils le rencontreront plus tard dans leur vie». Narnia est l’un des livres les plus conseillés aux enfants dans les paroisses. Ses personnages apparaissent sur un vitrail de Saint Luke’s Episcopal Church à Monrovia, en Californie. L’organisation Focus on the Family en a tiré un feuilleton radio… Mais la popularité de la saga va bien au-delà des milieux chrétiens : ces sept romans ont été vendus à 120 millions d’exemplaires dans le monde depuis un demi-siècle, battant Harry Potter.

Disney a senti le parti qu’il pouvait en tirer. Depuis les 600 millions de dollars de recettes mondiales engrangés par la Passion, dont plus de la moitié aux Etats-Unis, les grands studios d’Hollywood lorgnent avec appétit le marché des croyants. Le film de Gibson a été l’Armoire magique du «christian entertainment» : longtemps relégué dans des productions de qualité médiocre (1), vidéos ou téléfilms, ce genre s’est retrouvé brutalement dans le royaume magique du dollar. Du jamais vu depuis les Dix Commandements et Ben Hur, à la fin des années 50. «Narnia est une étape importante dans le changement d’état d’esprit à Hollywood concernant le marché des chrétiens», juge Barbara Nicolosi, une ancienne religieuse catholique qui a fondé à Los Angeles une école de formation de scénaristes chrétiens, Act One (2). Selon elle, il fallait démontrer que le succès de la Passion ne tenait pas qu’à la personnalité de son auteur, Mel Gibson. «Avec le succès de Narnia, la démonstration est faite : on peut organiser le marketing d’un film vers la communauté des chrétiens.» Barbara Nicolosi est persuadée, comme beaucoup d’autres, qu’Hollywood va s’engouffrer sur ce marché, mais elle attend avant de se réjouir. Elle craint l’afflux de films déplacés ou superficiels : «S’ils étaient malins, les gens d’Hollywood s’entoureraient de scénaristes ou de consultants chrétiens».

Dans le cas de Narnia, de nombreux chrétiens se sont penchés sur le berceau du film. Douglas Gresham, le beau-fils de Lewis, qui gère les droits de l’oeuvre de ce dernier, a joué le rôle de producteur exécutif. Agé de 60 ans, c’est un born again radical. Sa mère, Joy Gresham, était une poétesse américaine juive, athée et communiste, qui a basculé dans la religion chrétienne après avoir lu Lewis (et avant de l’épouser). Aujourd’hui, Doug Gresham est pasteur en Irlande, où il s’occupe d’un centre contre l’avortement, qu’il considère comme un «infanticide inspiré par le diable». Cela fait trente ans qu’il rêve de faire passer sur grand écran le message de son beau-père qui, considère-t-il, «savait que le christianisme n’est pas pour les poules mouillées». Dans des interviews, Gresham minimise le caractère chrétien de Narnia et attribue la volonté de le nimber de religion à une «maladie américaine». Mais il a veillé au strict respect du roman de son beau-père, et il sait bien, lui, que le message de Narnia est d’autant plus puissant qu’il se passe de sous-titres religieux.

Le film a été financé par Walden Media. C’est un des confettis de l’empire du milliardaire Philip Anschutz de Denver (pétrole, chemins de fer, télécoms, etc.). Anschutz, 66 ans, est lui aussi un born again, doublé d’un financier généreux du Parti républicain. L’an dernier, lors d’une conférence en Floride, Anschutz avait expliqué ainsi sa stratégie : faire des films «divertissants» mais qui «vantent la vie» et portent des «messages moraux». Le président de Walden, Michael Flaherty, chrétien lui aussi, a résumé ainsi la philosophie de la société : «Plutôt que de maudire l’obscurité (la production d’Hollywood, ndlr), il vaut mieux allumer quelques bougies, sortir plus de grands films.»

Le réalisateur de Narnia est le Néo-Zélandais Andrew Adamson auquel on doit aussi Shrek 1 et 2. Lui ne semble pas un excité de la religion, même s’il est né dedans : ses parents étaient des missionnaires. Comme des millions de gens, il adore le roman de Lewis, qu’il a mis en image avec talent, mais sous le contrôle de Gresham, qui s’assurait que rien n’y soit théologiquement incorrect. Adamson considère que c’est aux spectateurs d’interpréter, s’ils le souhaitent, les thèmes chrétiens du film.

Si Disney n’aime pas présenter Narnia comme un film «religieux», il n’en a pas moins invité toutes les églises et les associations chrétiennes à exploiter «ses vérités spirituelles». La société a enrôlé Motive Entertainement, une agence spécialisée dans la promotion des films «basés sur la religion et favorables à la famille». C’est elle qui avait assuré, au début de l’année dernière, la spectaculaire promotion de la Passion du Christ dans les églises américaines. Pour Narnia, environ 140 soirées ont été organisées dans des communautés chrétiennes, ce qui a permis de créer une rumeur favorable. Les responsables des églises ont été inondés de plaquettes les invitant à découvrir, à travers le film, une «extraordinaire façon de porter les vérités des Evangiles». Des semaines d’études bibliques estampillées Narnia ont été offertes par Walden. Le mois dernier, Jeb Bush, gouverneur de Floride et frère du Président, a fait lire le livre aux écoliers de son Etat ; l’Association pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat a grincé et les méchantes langues ont dénoncé un renvoi d’ascenseur au généreux donateur Anschutz. En Grande-Bretagne, une campagne similaire a été déployée dans les milieux chrétiens.

«Pacte faustien avec la pop culture»

Cette fièvre religieuse n’a pas manqué de choquer une partie de la gauche américaine ou britannique, qui y a vu une nouvelle offensive des conservateurs dans la «guerre culturelle» à l’oeuvre depuis des années. L’écrivain anglais athée Philip Pullman, auteur de la saga fantastique pour enfants A la croisée des mondes, reproche à Disney d’avoir adapté Narnia : «Un des trucs les plus empoisonnés que j’ai jamais lus.» Polly Toynbee, chroniqueuse du Guardian, athée elle aussi, conseille d’avoir un sac en papier à portée de main pendant le film, tellement elle le trouve manipulateur. Narnia représente selon elle «le parfait christianisme républicain musclé pour l’Amérique».

La gauche s’alarme de la montée en puissance des chrétiens évangéliques à Hollywood. Mais, selon le sociologue Alan Wolfe (3), spécialiste de la religion au Boston College, cette crainte n’a pas lieu d’être. Utiliser Narnia pour faire du prosélytisme est surtout, dit-il, un «aveu de faiblesse un peu pathétique» : «Leur message religieux n’est pas séduisant, alors, pour le porter, ils ont besoin de passer un pacte faustien avec la pop culture.» Entre Hollywood et la religion, qui manipulera l’autre ? Réponse de Wolfe, sans hésiter : «Je parie tout sur Hollywood !»

(1) Quelques exceptions, comme le bon film de Robert Duval, le Prédicateur, en 1998.
(2) Et auteure de Behind the Screen : Hollywood Insiders on Faith, Film, and Culture, éd. Baker Books, nov. 2005.
(3) Alan Wolfe : The Transformation of American Religion, éd. Free Press, 2003.


C.S. Lewis, un érudit imaginatif à la portée des enfants comme des adultes

Dans le monde chrétien anglophone, l’écrivain C.S. Lewis (1898-1963) est un véritable monument. Cet anglican rayonne parmi tous les chrétiens, des évangéliques aux catholiques. Ses talents immenses gagneraient à être d’avantage connus dans le monde francophone. Lui qui amuse enfants comme adultes, lui qui met à la portée des petits comme des grands le message de l’Evangile. Invitation à la lecture à l’occasion d’un centenaire.

C.S. Lewis a peut-être été l’auteur chrétien le plus lu et le plus étudié de ce siècle. Né à Belfast, le 29 novembre 1898, il est mort à Oxford quarante livres plus tard à l’âge de 65 ans.

Surpris par la joie

Il termine brillamment ses études de latin, grec, anglais et philosophie à l’Université d’Oxford où il est chargé de cours dès 1925 et jusqu’en 1954, date à laquelle il devient professeur de littérature du Moyen Age et de la Renaissance à Cambridge. Malgré une éducation chrétienne, Lewis fut athée pendant de nombreuses années. En 1916, il écrit à un ami: «Toutes les religions ou mythologies ­ pour leur donner leur vrai nom ­ ne sont que pures inventions humaines…» La marche de son imagination et de son intelligence vers une ré-acceptation de la foi de son enfance prit de nombreuses années. Deux auteurs l’ont marqué tout particulièrement. Après avoir lu l’oeuvre de fiction romantique «Phantastes» de l’Ecossais George MacDonald, Lewis dit que celle-ci avait «baptisé» son imagination, le préparant ainsi à concevoir un monde au-delà de celui de son matérialisme athée. Le livre de G. K. Chesterton, «L’homme éternel», lui présenta une image globale et compréhensible du christianisme et de sa place dans l’histoire. Dans son livre «Surpris par la joie», Lewis décrit sa conversion: «Ce que j’avais tant redouté a fini par m’arriver. Au cours de l’été 1929, je cédai et admis que Dieu était Dieu. Je me jetai à genoux et me mis à prier ­ j’étais sans doute cette nuit-là le converti le plus démoralisé et récalcitrant de toute l’Angleterre.» Lewis devint membre de l’Eglise anglicane.

Un écrivain pour enfants, adultes et universitaires

C. S. Lewis fut un écrivain aux multiples talents, à même de s’exprimer dans toutes sortes de genres littéraires. Son oeuvre comporte au moins quatre genres totalement différents: une douzaine de monographies érudites sur la littérature médiévale; des oeuvres de fiction chrétienne, y compris les sept Chroniques de Narnia (voir l’encadré) et une trilogie de science-fiction; les deux volumes autobiographiques: «Surpris par la joie», qui raconte le pèlerinage spirituel et intellectuel qui l’a mené à la conversion et «A Grief Observed» qui exprime sa douleur et son désarroi face à la mort de son épouse; enfin les livres d’apologétique chrétienne, dont «Tactique du diable» et «Les fondements du christianisme». Ces derniers livres se sont montrés des outils d’évangélisation sans pareil. Citons l’exemple de l’avocat américain Charles Colson, conseiller spécial du président Nixon et condamné à une peine de prison pour son rôle dans l’affaire du Watergate. Dans son livre «Watergate»1, Colson décrit ses impressions lorsqu’un ami lui a prêté une copie des «Fondements du christianisme». Convaincu que ce livre se situerait purement au niveau intuitif et émotionnel, Colson fut surpris de côtoyer le contraire. Il écrit: «Je me suis trouvé face-à-face avec un intellect si discipliné, si lucide et si implacablement logique que je ne pouvais qu’être reconnaissant de ne pas avoir eu à l’affronter dans une cour de justice. Bientôt j’avais couvert deux pages de papier avec des «pour» à ma question «Est-ce qu’il y a un Dieu?»» Pour Colson, comme pour des milliers d’autres, l’oeuvre de C. S. Lewis a été un maillon dans la chaîne qui les a amenés à cette conversion totale: la nouvelle naissance.

Une personnalité profondément touchée par la grâce

Intellectuel rigoureux, C. S. Lewis était imaginatif et inspiré aussi, mais ces qualités n’auraient pas suffi. W. Hooper le considère comme «l’homme le plus totalement converti qu’il a jamais rencontré.» Cette transformation, qui commença avec le «baptême» de son imagination en lisant «Phantastes», ne s’est pas arrêtée là. Lewis ne vivait pas un divorce entre le côté émotif et imaginatif de sa personnalité et le côté logique. Jésus-Christ est devenu Seigneur de son humanité entière. Face à la richesse de l’oeuvre de C. S. Lewis, le message le plus urgent à retenir est celui-là: Dieu ne veut pas une partie de chaque homme, que ce soit les émotions, l’imagination, la rigueur intellectuelle, ou une autre partie encore. Dieu nous veut entier, totalement. Chaque composante de notre personnalité a besoin d’être convertie.

1 C.W. Colson, Watergate, Genève, La Maison de la Bible, 1997.

Source: Vivre.ch


Pour un pentecôtiste américain, le film Narnia mérite 4 étoiles

NDLR: J. Lee Grady est l’éditeur du magazine Charisma Online.

Le film “Les Chroniques de Narnia” est déjà un film culte et un classique. Mais ne vous attendez pas à ce que les critiques cinématographiques soient d’accord.

Cela ressemble à un jugement injuste mais je pense que la plupart des critiques de films sont snob. Quant la « Passion du Christ » est sorti en salles l’année dernière, les critiques se sont moqués en fulminant « comment un acteur populaire comme Mel Gibson peut-il faire un film qui assure la promotion de la foi chrétienne ? Et tout ce sang ! »

Heureusement tous ces ronchonnements et ce politiquement correct n’ont pas empêché « La Passion » de faire histoire dans le cinéma. Les chrétiens sont allés au cinéma par bus entiers, Gibson est devenu riche en un éclair et quelques cadres de l’industrie du divertissement se sont aperçus que ça payait de faire des films susceptibles de plaire au public religieux.

Maintenant nous avons « Les Chroniques de Narnia : le lion, la sorcière et l’armoire » la version Disney du classique de C.S. Lewis. Comme on pouvait s’y attendre le snobisme des critiques intellos s’est accru quand la première du film s’est tenue le week-end dernier. Cette fois-ci ils ne se sont pas plaints du sang (il n’y en a presque pas même dans les scènes de bataille). En lieu et place, ils ont craché sur le film parce que (quelle horreur !) le symbolisme chrétien est trop évident.
Oublions les critiques snobinards. Le peuple a parlé (NDT : Vox Populi Vox Dei !!!). Pour son week-end de sortie, Narnia a été classé second film en termes de recettes pour un film qui sort en décembre (le premier étant « Le seigneur des anneaux : le retour du roi ») et il est classé en haut des sondages effectués sur les spectateurs.

Les fans de la série Narnia de Lewis retrouveront dans ce film un reproduction fidèle du monde magique que l’auteur a imaginé quand le premier livre a été publié en 1950. C’est un monde peuplé de faunes, de centaures, de guerriers, de renards loyaux et d’une méchante sorcière qui transforme ses ennemis en pierre (même les inoffensifs papillons). Grâce aux merveilles de la technologie numérique, les castors parlants ont l’air vrais, les loups tueurs de la reine font peur et Aslan, le lion qui sert de figure Christique centrale, inspire respect et dévotion.

Mais Narnia n’est pas une superproduction à effets spéciaux de plus. Ce qui fait vraiment de ce film un classique ce sont les quatre enfants Pevensie interprétés avec une réserve toute britannique par William Moseley, Anna Popplewell, Skandar Keynes et Georgie Henley. Nous voyons le film au travers de leurs yeux pendant qu’ils s’aventurent dans Narnia en passant par la vieille armoire. Leurs aventures dans un monde recouvert par la neige (magnifiquement filmé en extérieurs en Nouvelle Zélande et en Europe de l’est) nous enseignent au sujet du péché et de l’expiation, de l’amour et du pardon, du bien et du mal.

Le génie dans le livre de Lewis c’est que les thèmes chrétiens sont subtils – on peut dire la même chose à propos du film. Narnia ce n’est pas du préchi-précha. Mais tous ceux qui voient le film avec un esprit ouvert sortiront du cinéma avec une meilleure compréhension du sacrifice du Christ surtout après avoir vu Aslan donner sa vie pour Edmund, le plus jeune des garçons Pevensie qui a trahi ses semblables.

Les chrétiens qui vont voir Narnia en s’attendant voir une leçon d’école du Dimanche seront déçus. Ce n’est pas une vidéo de « Veggies Tales » (NDT : dessin animé chrétien US) et ce n’est pas non plus destiné uniquement aux enfants (en fait, les plus petits pourront être effrayés par la sorcière qui est jouée avec un malice glaciale par Tilda Swinton). Les personnes religieuses qui n’apprécient pas les nuances de la littérature allégorique ne vont pas aimer le fait que Jésus est représenté par un lion qui parle (avec la voix de Liam Neeson) ou que sa crucifixion ait lieu sur un antique autel de pierre et exécutée avec un couteau pendant que des créatures grotesques le huent.

Les fondamentalistes parmi nous ne vont pas apprécier non plus le fait qu’une version très européenne du Père Noël fait son apparition pour rappeler aux enfants Pevensie que l’interdiction de Noël décrétée par la sorcière prendra bientôt fin.

“Je te l’avais dit qu’il existait� dit Lucy en parlant du Père Noël en grondant sa sœur aînée pour son incrédulité. Voilà le message que Lucy nous apporte en témoignant de la résurrection d’Aslan. Narnia nous met au défi d’adopter la foi d’une petite fille précoce.

Je ne m’attends pas à ce qu’Hollywood donne une nomination aux Oscars pour ce film car l’industrie du cinéma a tendance à oublier les films à thème religieux sérieux (comme elle l’a fait avec la « Passion du Christ » l’année dernière et « The Apostle » en 1997). Mais l’interprétation de la petite Georgie Henley du rôle de Lucy est dans l’absolu la meilleure interprétation par un enfant acteur depuis des années. Et si Narnia ne reçoit pas un Oscar pour sa direction artistique et ses effets spéciaux, nous aurons la preuve que L’académie des arts cinématographiques (Motion Picture Academy) est coupable de discrimination religieuse.

Si Narnia ne ramasse pas d’Oscars, ce n’est pas grave. Je doute fort que C.S. Lewis se fut intéressé aux Oscars et aux tapis rouges. Nous pouvons célébrer le fait qu’un des meilleurs livres écrit par l’un des meilleurs auteurs chrétien du 20ème siècle est devenu l’un des meilleurs films religieux de tous les temps.

J. Lee Grady

Source: Charisma online


Que doit-on penser de de CS Lewis, auteur de Narnia ?

NDLR: Cet article de Source de vie permettra de se faire une autre opinion de ce film qui divise les chrétiens…

C.S. Lewis était-il réellement fidèle à «la foi transmise aux saints une fois pour toutes», comme le pensent la majorité des chrétiens ?

Le 9 décembre 2005, aux USA, un nouveau film est sorti des studios Disney, sous le titre : “Narnia : The Lion, the Witch, and the Wardrobe”. Ce film d’aventure fantastique, qui raconte notamment la lutte entre le lion Aslan et les forces des ténèbres, est une adaptation d’un roman de l’auteur britannique C. S. Lewis. En français, cette oeuvre est intitulée : “Le monde de Narnia : Le lion, la sorcière blanche, et l’armoire magique”.

Durant le seul week-end des 10 et 11 décembre 2005, le film a rapporté 70 millions de dollars dans les salles nord américaines, soit 7 fois plus que le 4ème film de Harry Potter : “Harry Potter et la Coupe de Feu”, pour ce même week-end. Le succès remporté auprès du public est tel que, d’après nouvelobs.com, “Le monde de Narnia” donne le coup d’envoi d’une série de films qui devraient permettre à Hollywood de bien finir 2005 (1).

A l’occasion du lancement du film “Narnia”, les chrétiens des pays francophones sont invités à utiliser ce spectacle comme support d’évangélisation en mettant en avant la foi de l’auteur du roman, C.S. Lewis, et la symbolique des personnages (2).

Dans son numéro de décembre 2005, le mensuel réformé évangélique Nuance publie un article élogieux intitulé : “L’Evangile à l’écran : Pâques à Noël avec Narnia”. Le bulletin de Radio Réveil (Paroles.ch de décembre 2005), fait également l’éloge de Lewis et du monde de Narnia et annonce deux émissions radiodiffusées sur ce thème. En novembre 2005, sept cents responsables d’églises de la région new-yorkaise ont assisté à une projection privée du film, pour “examiner le potentiel des ‘Chroniques de Narnia’ dans le domaine de l’évangélisation”. De nombreuses églises voient dans ce film aussi bien que dans les romans de Lewis “un outil d’évangélisation” (3).

Lon Allison, directeur du Centre Billy Graham de l’Illinois a déclaré : “Nous croyons qu’au travers de ce film Dieu va annoncer l’Evangile de Jésus-Christ”. Cette citation est tirée d’un bon article de Jim Meyers sur le film des studios Disney (4). La conclusion de cet article est que Disney veut vendre “Narnia” en éliminant aux maximum Jésus-Christ, tout en s’arrangeant pour que les chrétiens assument les frais de production du film.

Nous ne proposons pas ici une analyse du film, mais un éclairage sur C.S. Lewis et son Å“uvre écrite. Le réalisateur du film Andrew Adamson dit qu’il a fidèlement suivi le roman “L’armoire magique” ; mais que tout en retenant “la dimension de la rédemption et du sacrifice”, il a “mis davantage l’accent sur la création que sur le Créateur, en insistant particulièrement sur la puissance dont les jeunes héros sont investis” (5).

A propos de l’auteur

Clive Staples Lewis est né à Belfast en Irlande en 1898, et il est décédé à Oxford en Angleterre en 1963. Relativement peu connu en France jusqu’à présent, il continue d’exercer par ses écrits une influence considérable dans le monde anglophone. Actuellement, ses ouvrages se vendent à raison de plus de deux millions d’exemplaires par an.

A Oxford et à Cambridge, certains se rappellent encore ses cours de littérature substantiels et brillants. On se souvient de sa cordialité, de son extrême générosité. On montre encore à Oxford le “pub” , où chaque semaine C. S. Lewis retrouvait autour d’une bière d’autres écrivains qui formaient son petit cercle d’intimes (6). Ce groupe d’écrivains qui se voulaient plus ou moins visionnaires s’appelait “The Inklings” (7). Les membres les plus éminents étaient J.R.R. Tolkien, l’auteur du “Seigneur des Anneaux” et le romancier Charles Williams, tous deux collègues et amis intimes de Lewis. Plusieurs des meilleurs amis de Lewis étaient des ésotéristes (8) : Charles Williams appartenait à une fraternité luciférienne, “The Golden Dawn” (9) ; le juriste Owen Barfield était anthroposophe (10). Quant à Tolkien, son attachement à l’ésotérisme n’est plus à démontrer (voir sur le site Source de Vie l’article A64 intitulé : Le Seigneur des Anneaux - Une fausse rédemption).

Lewis a écrit près de quarante ouvrages, traduits dans de nombreuses langues. Une vingtaine sont traduits en français. Lewis est souvent pris pour modèle, admiré pour son style limpide, vigoureux, et précis. Il a écrit des études littéraires, des poèmes, des romans pour adultes, des romans pour enfants (la célèbre série des sept Chroniques de Narnia), des ouvrages d’apologétique (11), et de très nombreux essais et articles (pour la liste de ses oeuvres voir la note 12). Il était membre de l’Eglise anglicane. Il est aujourd’hui très apprécié dans les milieux protestants et évangéliques, et aussi parmi les Catholiques et les Mormons (13).

Pourquoi Lewis plaît-il aux Evangéliques ?

En général les lecteurs évangéliques lui sont reconnaissants d’avoir pris position pour l’historicité du texte des Evangiles, y compris tout ce qui concerne la résurrection de Jésus-Christ (14). Dans le milieu très libéral d’Oxford (15), Lewis proclamait ouvertement, sans se laisser impressionner par les moqueries de certains collègues, que Jésus-Christ n’avait pas seulement une nature humaine, mais aussi une nature divine, et que les miracles relatés dans les Evangiles avaient réellement eu lieu. Il dénonçait avec force et clarté les philosophies subjectivistes et relativistes. Voyant venir le jour où la notion même d’objectivité serait remise en cause, Lewis s’est fait le champion du bon sens en matière de pédagogie dans The Abolition of Man (16). Les lecteurs de son essai The Funeral of a Great Myth (17) se souviennent de sa logique implacable qui met en pièces l’idée de “progrès inévitable de l’humanité”. Ses ouvrages The Screwtape Letters (18) et Mere Christianity (19) contiennent incontestablement certains éléments bibliques. Les derniers chapitres de son autobiographie, Surpris par la joie, décrivent son passage de l’athéisme au théisme, et sa décision d’adhérer à l’anglicanisme.

A ce stade de notre examen, la question qui se pose est la suivante : Tout ce qui précède est-il suffisant pour prouver que Lewis était un chrétien né de nouveau ? Etait-il réellement un défenseur de “la foi transmise aux saints une fois pour toutes” (Jude 3) ?

Lewis, la Bible, et la question du salut éternel

Toutes les fois qu’il prend la défense de la religion chrétienne, Lewis appuie ses arguments sur des raisonnements logiques inattaquables, mais non sur la Parole de Dieu. Cependant la meilleure des argumentations logiques, même si elle emporte notre adhésion, est bien incapable de nous donner un cÅ“ur nouveau et de nous communiquer la vie de Dieu. Seul l’Esprit de Dieu peut accomplir cela en attestant de la véracité de la Parole écrite, et en nous communiquant la foi dans le Seigneur Jésus-Christ.

Tony Zakula, un chrétien américain, a écrit un excellent article sur Lewis dans lequel il souligne que Mere Christianity est essentiellement un brillant traité de morale sans réel contenu doctrinal. Il ajoute la remarque intéressante suivante : “Prouver par la logique l’existence de Dieu, cela n’a aucun sens pour le chrétien”. Pour Tony Zakula “Dieu n’est pas une simple entité existante : Il est Quelqu’un, et la base de notre communion avec Lui n’est pas Son existence : nous Le connaissons, non pas par la logique, mais par la foi. Inutile de consacrer notre temps à des débats discutables : de toute façon, la Bible nous commande de les éviter. Inutile de nous attacher à ceux qui se livrent à ces débats, même quand ils remportent des succès… La question fondamentale, c’est la foi absolue en Jésus-Christ, et une relation personnelle avec Lui… Lewis apparaît comme le précurseur de la vague actuelle… qui fait mention de Christ, tout en accordant la prééminence à la question du comportement. Ces mouvements créent une unité fondée sur la croyance en un système de schémas comportementaux “chrétiens”. Le but est d’attirer les gens dans de vastes groupes, de vastes églises qui renforcent ces schémas comportementaux “au nom de Christ”, bien sûr… Ces mouvements font entrer les foules dans d’immenses groupes religieux faciles à contrôler. D’où les efforts des leaders actuels pour former de vastes organisations “chrétiennes” pluridénominationnelles, et pour établir des amitiés et des alliances avec ceux qui cherchent à ramener les chrétiens à l’Eglise de Rome” (20).

Pour Lewis, la Bible n’était pas la Parole infaillible de Dieu. Elle n’était pas pour lui l’autorité suprême. Il affirmait : “C’est Christ Lui-même, et non la Bible, qui est la véritable Parole de Dieu” (21). Nous posons la question : Mais quelle source fiable nous reste-t-il pour connaître Jésus-Christ, le Verbe vivant, en dehors de la Parole écrite ? Dans son ouvrage Reflections on the Psalms (Pensées sur les Psaumes), Lewis montre son incompréhension et son mépris de cette Parole en qualifiant certains Psaumes de “méprisables”, “vils”, “vulgaires”, et “diaboliques” (22).

Le théologien américain John Robbins (23) dit qu’il a examiné toute l’Å“uvre écrite de C.S. Lewis en quête d’éléments affirmant la justification par la foi. Il n’a rien trouvé ! Il est clair que Lewis lui-même n’avait pas l’assurance d’aller au ciel à sa mort. Deux mois avant son décès, dans une lettre à une religieuse catholique, SÅ“ur Pénélope, il a écrit : “Si vous mourez avant moi, et si les “visites aux détenus” sont permises, descendez donc me faire une petite visite au Purgatoire.” (24). En effet, Lewis croyait au purgatoire et priait pour les morts. Dans son ouvrage posthume, Letters to Malcolm, intitulé en français Si Dieu écoutait (25) nous lisons : “Naturellement, je prie pour les morts. L’acte est si naturel et presque inévitable… Je ne sais comment mes autres prières subsisteraient si ma dévotion aux morts était interdite. Qu’adviendrait-il de mes rapports avec Dieu, s’il n’était plus possible de Lui parler des êtres qui me sont le plus chers ?” A la page suivante, il reprend : “Je crois au Purgatoire.” Au sujet de 1 Corinthiens 15:29, il écrit à une correspondante : “Si nous pouvons être baptisés pour les morts, alors nous pouvons sûrement prier pour eux” (26).

Lewis ne croyait pas que le péché originel avait rendu la nature humaine entièrement incapable de faire le bien, entièrement dépravée. D’après lui, cette doctrine des Réformateurs pouvait “entraîner le chrétien à rendre un culte aux démons” (27). Il pensait même que dans certains cas, il pouvait exister une “anima naturaliter christiana” (âme naturellement chrétienne) selon l’expression de Tertullien, et que Psyche, l’héroïne d’un de ses romans, en était un exemple (28).

Cela revient à affirmer, contrairement à Romains 3:23, que tous n’ont pas péché et ne sont pas privés de la gloire de Dieu ! Dans Mere Christianity, Lewis écrit : “L’humanité est déjà ’sauvée’ en principe. Nous, les individus, nous devons nous approprier ce salut.” Comment se fait cette appropriation ? Par ce que Lewis appelle “une bonne contagion”, en “nous ouvrant au seul Homme en qui elle [la vie nouvelle] était pleinement présente… En nous rapprochant de Lui, nous serons gagnés par cette ‘bonne contagion’.”

C’est ainsi que Lewis présente la question de notre salut éternel. Nulle part il n’affirme pour son propre compte que le Seigneur Jésus-Christ s’est fait notre Substitut en mourant à notre place, et en expiant nos péchés à notre place sur la Croix. Par ailleurs, Lewis ne fait aucune distinction entre justification et sanctification. Là, une fois de plus, il fait sienne la position catholique. Pour cet Å“cuméniste confirmé, en matière de salut, l’essentiel était “de ne pas nous mettre à nous disputer avec d’autres sous prétexte que leur formule diffère de la nôtre” (29).

Faut-il s’étonner de ce que les Catholiques et les Mormons tiennent Lewis en haute estime ? Faut-il s’étonner de ce que ses écrits occupent une large place dans le “Cours Alpha” ? (30).

Lewis et la prière

Lewis estimait que la plupart du temps, la prière liturgique, personnelle ou collective, était de beaucoup préférable à la prière spontanée, qu’il n’appréciait guère (31). Dans Si Dieu écoutait, il écrit : “En tout cas, soyons francs. La prière est ennuyeuse… Quand on l’a dite, on se sent comme soulagé et ‘en vacances’ pour le reste de la journée. Nous commençons à contrecÅ“ur et nous sommes ravis d’avoir fini” (32). De tels propos peuvent-ils être ceux d’un chrétien né de nouveau, d’un chrétien qui est entré dans une relation vivante et personnelle avec son Sauveur ?

Lewis interprétait selon la tradition catholique romaine le verset de Colossiens 1:24, “Je supplée dans ma chair à ce qui manque aux afflictions du Christ pour son corps qui est l’Eglise”. Il écrit : “Je n’ai pas un seul mot à redire à cette doctrine… selon laquelle, lorsque nous acceptons volontairement nos souffrances pour le bénéfice des autres, et les offrons à Dieu en leur faveur, alors nos afflictions sont unies [à celles de Christ] et, en Lui, peuvent contribuer à leur rédemption, ou même à la rédemption d’autres âmes dont nous n’avons pas la moindre connaissance” (33).

Un des biographes de Lewis, Brian Sibley, nous fait savoir qu’il alla plus loin encore, alors que son épouse Joy souffrait du cancer et d’une décalcification grave. Il pria pour obtenir la “grâce” de prendre dans son propre corps le mal dont souffrait sa femme. Peu après, il se mit à souffrir de douleurs vives et de décalcification, et crut à un exaucement divin (34). On comprend bien la peine d’un homme devant les souffrances de sa femme, mais faut-il voir là un modèle de foi biblique ?

Lewis et l’Å“cuménisme

Lewis écrit également dans Mere Christianity, à la page 59 : “La vie de Christ nous est communiquée de trois façons : par le baptême, par ce que nous croyons, et par cet acte mystérieux auquel les chrétiens donnent des noms différents : la Sainte Communion, la Messe, ou encore la Sainte Cène.” Nous n’aborderons pas ici la question du sacramentalisme chez Lewis ; remarquons seulement qu’il amalgame la Sainte Cène (au cours de laquelle nous rappelons avec reconnaissance le sacrifice salvateur de Jésus-Christ), et la Messe, qui pour le Catholique est un sacrifice propitiatoire de même nature que celui de Jésus au Calvaire, mais présenté à Dieu par le prêtre et les fidèles (35). Selon Lewis, il ne convient pas de s’arrêter sur de telles divergences. Comme pour la doctrine du salut, il ne voit là de problème que dans la mesure où on soulève des controverses entraînant des divisions (36).

Lewis et la tradition pagano-occulte

Dès son enfance Lewis eut des contacts avec l’occultisme. Il avait treize ans quand son père l’envoya dans un pensionnat anglais, pensionnat qu’il appelle “Chartres” dans son autobiographie. Là, l’infirmière des élèves l’initia à la théosophie, au spiritisme, et à ce qu’il appelle “toute la tradition occulte anglo-américaine”. “Elle ne se doutait pas, écrit Lewis, qu’en faisant cela elle avait apporté, pour ainsi dire, une chandelle allumée dans un local bourré d’explosifs… Cela m’a communiqué un penchant qui, depuis lors, m’a causé de temps en temps bien des difficultés : une soif de surnaturel, bref, une passion pour les choses occultes… C’est une convoitise spirituelle, et quand elle est présente, elle donne, autant que la convoitise physique, l’impression que tout le reste de l’existence est insipide” (37).

D’une sensibilité extrême, le jeune Lewis aimait passionnément les mythologies celtiques, nordiques et gréco-latines. La beauté de la nature, de la littérature, des mythes, ou de la musique, lui procurait parfois des instants d’extase, où il se sentait comme transpercé : il appelle cela “the stab of Joy” (Le coup de poignard de la Joie). Il était épris des opéras de Wagner, comme en témoignent plusieurs chapitres de son autobiographie Surprised by Joy (Surpris par la Joie).

Vers l’âge de trente ans, Lewis adhéra à l’anglicanisme, mais son cÅ“ur resta fermement attaché aux mythes et aux divinités païennes, et à une vision païenne du monde. Dans L’Abolition de l’Homme, il ne cache pas son attirance pour le taoïsme. En surface, il y a quelques différences entre le monde de Lewis et celui de Tolkien. Mais en profondeur, leurs mondes respectifs sont de même nature, c’est-à-dire aussi païens l’un que l’autre. Tolkien et Lewis croyaient tous deux que l’imagination naturelle de l’homme, nourrie de mythes, permet de connaître les réalités de Dieu, et que c’est rendre un service spirituel à l’humanité que de créer de nouveaux mythes (38).

Dans une lettre à un ami d’enfance, Lewis écrit : “Dyson et Tolkien remarquèrent que si dans un conte Païen, je rencontrais la notion de sacrifice, cela ne me gênait aucunement (pour montrer son respect pour le paganisme, Lewis mettait une majuscule à “Païen” et à “Paganisme”). Là où un dieu s’offrait en sacrifice à lui-même, cela me plaisait beaucoup et me procurait une mystérieuse émotion ; l’idée du dieu qui mourait puis revenait à la vie (par exemple Baldur, Adonis ou Bacchus) me touchait, pourvu que ce soit dans un autre contexte que celui des Evangiles… Or l’histoire du Christ constitue simplement un mythe véridique, un mythe qui produit sur nous le même effet que les autres, mais à une importante différence près : il s’agit d’événements qui ont réellement eu lieu. Il faut se contenter d’accepter ce mythe de la même manière, en se rappelant que c’est le mythe de Dieu, alors que les autres sont les mythes des hommes. Je veux dire par là que dans les contes Païens, Dieu s’exprime au travers des esprits des poètes, et se sert des images qu’Il y trouve… Je suis sûr, à présent, qu’en un sens il faut aborder l’histoire chrétienne de la même manière que j’aborde les autres mythes” (39).

A son retour d’un voyage en Grèce en avril 1960, Lewis a écrit à son ami Chad Walsh qu’en visitant l’Attique avec son épouse Joy, ils avaient eu du mal autant l’un que l’autre “à ne pas revenir au Paganisme”. Il écrit : “A Daphni ce fut dur de nous abstenir de prier Apollon le Thérapeute. Nous avions même le sentiment que si nous l’avions fait, cela n’aurait pas été une faute grave – nous aurions simplement invoqué le Christ sub specie Apollinis [sous les apparences d’Apollon]” (40). Selon Lewis, Apollon et le Seigneur Jésus-Christ ne feraient donc qu’un ! On pourrait écarter l’avertissement de l’Apôtre Paul qui dit de la part du Seigneur : “Mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie.” Il n’y aurait aucun mal à “boire la coupe du Seigneur et la coupe des démons”, à “avoir part à la table du Seigneur et à la table des démons” (1 Corinthiens 10:14 à 21) !

Cette même confusion spirituelle se retrouve dans The Problem of Pain (Le Problème de la Souffrance). Lewis écrit : “J’ai le plus profond respect pour les mythes Païens eux-mêmes, et à plus forte raison encore pour les mythes dans l’Ecriture Sainte” (41).

Narnia et sa mythologie

Les Chroniques de Narnia sont un monde magique, un monde imaginaire, peuplé de créatures mythiques. Quelques-unes sont méchantes et sont censées représenter le Malin, mais la plupart sont présentées de façon à les rendre fort sympathiques. On y rencontre souvent des animaux doués de la parole. Tous ces êtres pleins de charme, d’humour et de fantaisie deviennent les meilleurs amis des jeunes héros : faunes, centaures, ménades et autres créatures mythiques sont dépeints comme des compagnons délicieusement attirants (42).

Un érudit du calibre de Lewis savait fort bien ce qu’étaient les ménades, ces “prostituées sacrées”, ainsi que leurs rituels d’origine babylonienne baignant dans les orgies. Il connaissait aussi les textes bibliques : Dieu tient ces rituels pour une abomination et les dénonce dans le chapitre 8 du Livre d’Ezéchiel. Les ébats des ménades n’en deviennent pas moins, sous la plume de Lewis, des fêtes et des danses éblouissantes de beauté… et à ce qu’il semble, de pureté ! Les jeunes lecteurs ne peuvent que subir la séduction des mythes païens, et absorber sans y prendre garde une des idées-clés de l’auteur : mythologies et religions païennes seraient une “pédagogie divine”, une préparation à la foi chrétienne. Selon l’expression employée par Lewis lui-même, les “Chroniques de Narnia” permettent à l’enfant de recevoir “un pré-baptême de l’imagination” (43).

Dans “L’armoire magique”, le majestueux et puissant lion Aslan peut être pris, à première vue, pour une figure allégorique du Christ. Dans Apocalypse 5:5, Jésus-Christ porte le titre de “lion de la tribu de Juda”. Mais la Parole de Dieu nous autorise-t-elle pour autant à nous faire une représentation de Lui sous la forme d’un lion ? Elle nous dit aussi dans Deutéronome 4:15-16 : “Puisque vous n’avez vu aucune figure le jour où l’Eternel vous parla du milieu du feu à Horeb, prenez bien garde à vos âmes, de peur que vous ne vous corrompiez et que vous ne fassiez une image taillée, une représentation de quelque effigie sur le modèle d’un homme ou d’une femme, sur le modèle de quelque bête qui soit sur la terre”. Nous lisons aussi dans Romains 1:23-24 : “Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous ; et ils ont remplacé la gloire du Dieu incorruptible par des images représentant l’homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles. C’est pourquoi Dieu les a livrés à l’impureté, selon les convoitises de leurs cÅ“urs…”.

Après avoir négocié avec la Sorcière Blanche, Aslan se laisse mettre à mort pour sauver un jeune traître puis il revient à la vie. Dans Le fauteuil d’argent on voit Aslan ressusciter le vieux roi Caspian au moyen d’une goutte de son propre sang (44). Lewis lui-même voyait dans son lion une figure de Christ : il le précise dans sa lettre du 24 décembre 1959 à une jeune écolière, Sophia Storr (45).

Fait significatif, Lewis était “absolument opposé” à ce que l’on fasse une adaptation cinématographique ou télévisuelle de ses “Chroniques de Narnia”, ou une pièce de théâtre. Il voyait là un danger de blasphème (46).

Ces pages pleines de charme, au sens le plus fort et le plus pernicieux du mot, communiquent aux jeunes lecteurs une spiritualité anti-biblique. L’enfant apprend que les jeunes héros auxquels il s’identifie vont vaincre le mal du simple fait qu’ils sont fils et filles d’Adam, et sont solidaires, courageux, pleins d’intentions bonnes. Un castor doué de la parole, (et étonnamment versé dans les théories occultes sur Adam et son “épouse” Lilith) rappelle une ancienne prophétie, selon laquelle le règne de la Sorcière Blanche prendra fin quand quatre fils et filles d’Adam et Eve viendront aider Aslan à libérer Narnia. En effet, pour que Narnia soit sauvé, son dieu Aslan a besoin du secours de la postérité d’Adam.

Le rôle “salvateur” des fils et filles d’Adam est aussi un thème fondamental des romans pour adultes de Lewis. Le professeur Ransom, sur Mars (dans Le silence de la Terre), sur Vénus (dans Voyage à Vénus), ou sur terre (dans Cette hideuse puissance) est l’homme héroïque et “providentiel” qui vient à bout des sinistres projets des puissances des ténèbres. Un lecteur naïf risque de gober cette “théologie” s’il n’est pas fermement enraciné dans la Bible, qui proclame que Jésus-Christ seulement “a dépouillé les principautés et les pouvoirs, et les a publiquement livrés en spectacle, en triomphant d’eux par la croix” (Colossiens 2:15). La “théologie” des romans de Lewis n’est pas biblique, mais elle est parfaitement théosophique (est théosophique ce qui permet l’union avec le divin par l’illumination réservée aux seuls initiés).

Un adepte du “Nouvel Age” ne peut qu’être ravi : il n’est pas fait la moindre mention de la nécessité de se reconnaître pécheur, de se repentir, de naître de nouveau, ou de croire en un Sauveur qui donne Sa vie sur la Croix pour nous ! La solution à tous les maux réside dans l’homme et dans sa bonne volonté. Les enfants apprennent que le grand lion est le détenteur d’une “bonne” magie, plus puissante que celle de la satanique sorcière blanche. “La Sorcière connaissait les profondeurs de la Magie, dit Aslan, mais il existe une Magie plus profonde encore qu’elle ne connaissait pas.”

Sachant que le “représentant du Seigneur” a négocié avec la Sorcière blanche, l’enfant pourrait fort bien en conclure que Jésus-Christ doit avoir négocié avec Satan avant de mourir sur la Croix, et qu’il est donc permis de dialoguer avec les esprits des ténèbres.

Il est extrêmement grave, aussi, d’enseigner à nos enfants que la bonne volonté suffit à nous rendre vainqueurs des puissances mauvaises, et qu’il existe une “bonne” magie. N’est-ce pas ouvrir la porte au pire des blasphèmes que de les amener à associer la magie (”blanche” ou non), à un personnage censé représenter le Seigneur Jésus-Christ ? L’enfant, dont l’esprit est encore malléable et impressionnable, retiendra d’autant mieux ces doctrines de démons que son affectivité est engagée dans ces contes séduisants. Il assimilera ces doctrines sans s’en apercevoir, et comme le dit Berit Kjos (47), elles tordront sa compréhension de l’Evangile. Le film des Studios Disney procure un sentiment d’euphorie, dit-elle, et il règne une sorte de consensus général pour préserver cette euphorie. On cherche donc à faire taire toute voix discordante.

Douglas Gresham, un des deux fils de l’épouse de C.S. Lewis, est actuellement pasteur en Irlande. Il avait une dizaine d’années lorsque sa mère est morte. Lui et son frère furent traités par Lewis comme ses propres fils. Douglas Gresham a récemment déclaré au sujet du film Narnia : “Des églises en Grande-Bretagne et en Amérique font la promotion de ce film en le qualifiant de chrétien, mais il ne l’est pas… Les Chroniques de Narnia ne sont pas des romans chrétiens” (48).

Dans sa lettre à la jeune Sophia Storr, Lewis explique que le singe Tash, l’un des personnages de La dernière bataille, représente l’Antichrist, et que les dernières pages de ce livre évoquent la fin du monde et le Jugement Dernier. On assiste alors au retour d’Aslan, c’est-à-dire à la représentation symbolique du retour de Jésus-Christ. Arrêtons-nous un instant sur les propos du narrateur qui se retrouve en présence du grand lion (49) :

“Je tombai alors à terre devant lui, et je pensai : ‘L’heure de ma mort est arrivée, car ce Lion, qui est digne de tous les honneurs, saura que pendant ma vie entière, ce n’est pas lui que j’ai servi, mais Tash…’ Mais alors ce Lion Glorieux, abaissant sa tête d’or, me toucha le front de sa langue et dit : ‘Sois le bienvenu, mon fils’. ‘Hélas, Seigneur, lui répondis-je, je ne suis pas ton fils, mais le serviteur de Tash.’ ‘Mon enfant, reprit-il, tout ce que tu as fait pour Tash, je considère que c’est pour moi que tu l’as fait.’ Désirant de tout mon cÅ“ur obtenir la sagesse et l’intelligence, je parvins à surmonter ma crainte et j’interrogeai le Lion Glorieux : ‘Seigneur, est-il vrai, comme l’a dit le Singe, que Tash et toi, vous êtes un ?’ Le Lion poussa alors un rugissement tel que la terre en trembla ; mais sa colère n’était pas dirigée contre moi. ‘C’est faux, dit-il. Lui et moi, nous ne sommes pas un ; mais parce que nous sommes opposés l’un à l’autre, je prends pour moi ce que tu as fait pour lui. Lui et moi sommes si différents l’un de l’autre que moi, je ne peux pas recevoir le moindre service vil ; lui ne peut recevoir que des services vils. Si donc un homme prête serment au nom de Tash, et s’il respecte son serment pour l’amour du serment, en fait c’est par moi qu’il a prêté serment à son insu, et c’est moi qui le récompenserai. Si un homme commet un acte de cruauté en mon nom, même s’il confesse le nom d’Aslan, c’est Tash qu’il sert, et c’est Tash qui agrée son acte. Comprends-tu cela, mon enfant ?’ Je répondis : ‘Seigneur, c’est toi qui sais dans quelle mesure je comprends.’ J’ajoutai, car la vérité m’y obligeait : ‘Pourtant toute ma vie, j’ai cherché Tash.’ ‘Mon bien-aimé, répliqua le Lion Glorieux, si ce n’était pas moi que tu avais désiré, tu n’aurais pas cherché si longuement, si véritablement. Car chacun trouve ce qu’il cherche vraiment.”

Le langage paraît biblique, mais il véhicule une doctrine de démons. L’enfant retiendra de ce passage que si on sert le diable en toute sincérité, en fait on sert Dieu sans le savoir, et finalement on sera accepté par Dieu. Y a-t-il duperie plus cruelle que l’annonce d’un salut trompeur ? A ce sujet, Tony Zakula écrit : “De toute évidence, elle [l’histoire de Narnia] communique un message de salut, mais est-ce le message de Jésus-Christ ? Bien sûr que non. C’est le message de “salut” d’un personnage occulte, d’un lion “Nouvel Age.” Tony Zakula mentionne plusieurs cas d’enfants qui se sont mis à faire des cauchemars immédiatement après avoir vu le dessin animé “Le Lion et la Sorcière Blanche”. Une version française de ce dessin animé a été diffusée par TF1 en 1987.

Vers le syncrétisme

Dans Mere Christianity, nous lisons à la page 173 : “Le monde ne contient pas seulement des gens qui sont chrétiens à 100%, et d’autres qui sont non chrétiens à 100%… Certains n’acceptent pas toute la doctrine chrétienne concernant Christ, mais sont si fortement attirés vers lui, qu’ils Lui appartiennent, en fait, de manière bien plus profonde qu’ils ne le comprennent. Dans d’autres religions, il y a des gens que l’influence secrète de Dieu conduit à se concentrer sur les points qui, dans leur religion, sont en accord avec le christianisme. Ainsi ils appartiennent à Christ sans le savoir. Par exemple, un Bouddhiste de bonne volonté sera conduit à se centrer de plus en plus sur la doctrine bouddhiste de la compassion : il laissera à l’arrière-plan (peut-être en y croyant encore) d’autres aspects du bouddhisme. Il se peut que bien avant la naissance du Christ beaucoup de bons Païens se soient trouvés dans cette situation.”

On reçoit exactement le même message quand on lit la Déclaration adressée par le Pape Benoît XVI le 30 novembre 2005 à 23.000 pèlerins rassemblés sur la Place St. Pierre. Benoît XVI leur présentait un commentaire d’Augustin d’Hippone sur le Psaume 136 : “St. Augustin sait que parmi les Babyloniens, il y en a qui se sont engagés au service de la paix et du bien commun, quoiqu’ils ne partagent pas la foi biblique et ne connaissent pas l’espérance de la Cité Eternelle à laquelle nous aspirons… Ils ont une étincelle de désir pour une rédemption authentique, transcendante et plus grande que tout… Animés de cette foi en des réalités inconnues, ils sont en fait sur le chemin de l’authentique Jérusalem, le chemin de Christ. Dieu ne permettra pas qu’ils périssent en même temps que Babylone, car il les a prédestinés à être citoyens de la Nouvelle Jérusalem, à condition que tout en vivant à Babylone, ils ne cultivent pas l’orgueil, les fastes surannés, et l’arrogance” (50).

Le Seigneur Jésus-Christ, Lui, nous dit : “Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le Royaume de Dieu.” (Jean 3:3).

Conclusion

A plusieurs reprises dans Sa Parole, Dieu nous commande de ne pas nous attacher à des mythes. Le mot qu’on traduit couramment par “fables” dans le Nouveau Testament se dit en effet “muthos” dans l’original grec, et signifie “fiction”, “mensonge”, “récit mythique”, ou “légende”. “Demeure à Ephèse, écrit Paul à Timothée, afin de recommander à certaines personnes de ne pas enseigner d’autres doctrines et de ne pas s’attacher à des fables” [muthoïs] (1 Timothée 1:4). “Il viendra un temps où… ils détourneront leurs oreilles de la vérité pour se tourner vers les fables” [muthous] (2 Timothée 4:4). “Reprends-les sévèrement, afin qu’ils aient une foi saine, et qu’ils ne s’attachent pas à des fables” [muthoïs] (Tite 1 : 14). Qu’allons-nous faire de ces paroles de Dieu ?

On nous dit parfois, en citant 1 Thessaloniciens 5:21 hors du contexte : “Laissez donc vos enfants lire tel ou tel livre, emmenez-les voir tel ou tel spectacle, puis discutez-en avec eux, et “retenez ce qui est bon !” On oublie que Dieu nous dit aussi : “Ne savez-vous pas qu’un peu de levain fait lever toute la pâte ?” (1 Corinthiens 5:6). Comment, dans une pâte qui fermente, séparerons-nous le levain de la bonne farine ? Dans une assiettée de mort-aux-rats (qui ne contient sans doute qu’un pour cent de strychnine), comment séparerons-nous le poison mortel du bon grain ?

Existe-t-il une bonne magie aux yeux de Dieu ? Dieu dit dans Sa Parole, en Deutéronome 18:10 à 12 : “Qu’on ne trouve chez toi… personne qui se livre à la divination, qui tire des présages, qui ait recours à des techniques occultes où à la sorcellerie, qui jette des sorts, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou prédisent l’avenir, personne qui interroge les morts. En effet, quiconque se livre à ces pratiques est en horreur à l’Eternel”. Alors, que ferons-nous de la Parole de Dieu ? Est-elle périmée ? Nous est-il permis de prendre plaisir à la magie, même en pensée ?

Qu’est-ce qui est le plus dangereux, exalter la magie en tant que telle, comme dans les romans et les films de la série “Harry Potter”, ou exalter les mythes en présentant ces éléments comme “un pré-baptême de l’imagination”, un support pour une évangélisation, ou tout au moins pour une pré-évangélisation ?

Parents chrétiens, nous avons parlé de C.S. Lewis, nous avons parlé de la série Narnia, et nous vous mettons en garde : avant de donner un livre, ou de montrer un film, un dessin animé, à vos enfants, demandez au Seigneur si vos enfants vont se faire du bien en lisant ou regardant ces choses, ou s’ils vont être influencés par un autre esprit, un esprit méchant, qui ne veut rien d’autre que leur destruction.

Que chacun et chacune d’entre nous considère avec soin ces questions à la lumière de la Parole de Dieu, car un jour nous nous tiendrons devant le Seigneur, et nous devrons Lui rendre compte de tout ce que nous aurons dit et fait.


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Notes :

1. http://permanent.nouvelobs.com/cgi/mail/qobs_test?rub=culture&cle=20051211.FAP2284&date=2005.1212

2. “Narnia, un voyage qui change la vie”,

http://www.awakeministries.net/?topage=14&page=narnia

3. Consulter à ce sujet les articles (en anglais) du “Stamford Advocate” du 6/12/05, à l’adresse :

http://www.sermonaudio.com/new_details.asp?printer=true&ID=20557

et du “San Diego Union Tribune” :

http://www.signonsandiego.com/news/features/20051013-9999-1c13narnia.html#

4. Citation tirée d’un bon article de Jim Meyers, de NewsMax, article intitulé : “Disney’s ‘Narnia’ : Christ Need Not Apply” (Christ n’a pas besoin de solliciter quoi que ce soit).

http://www.newsmax.com/archives/articles/2005/12/8/204407.shtml

Nous recommandons la lecture de cet article, pour ceux qui lisent l’anglais.

5. Voir à ce sujet l’article en anglais : “Absolutely Thrilling” (absolument passionnant) à l’adresse:

http://www.assistnews.net/Stories/s05110091.htm

6. Un “pub”, prononcer peub, mot d’origine anglo-saxonne, est un lieu de rencontre populaire en Grande Bretagne et en Irlande, où on peut discuter librement tout en buvant ou en mangeant.

7. Ce terme implique un jeu de mots sur “ink” (encre) et “inkling” (intuition un peu floue) : il s’agit donc d’écrivains qui se veulent plus ou moins visionnaires. Voir à ce sujet l’article de Dale Nelson (en anglais) à l’adresse :

http://www.crossroad.to/Quotes/spirituality/tolkien-lewis.htm

8. On appelle ésotérisme une doctrine selon laquelle certaines connaissances ne peuvent être communiquées qu’à des initiés)

9. Pour des renseignements de première main sur “The Golden Dawn” (L’Aurore d’Or) voir l’adresse :

http://d.webring.com/hub?ring=goldendawn

10. L’anthroposophie est un courant de l’ésotérisme dit chrétien, mouvement qui fut fondé par le philosophe allemand Rudolf Steiner (1861-1925).

11. L’apologétique est une discipline de la théologie qui a pour objectif de défendre la religion chrétienne contre ceux qui l’attaquent.

12. Pour une liste des ouvrages de Lewis disponibles en français et en anglais, se reporter à l’adresse :

http://www.samizdat.qc.ca/vc/biog/Lewisbio.htm

13. Sur Lewis et les Mormons, voir l’article de David Cloud à l’adresse

http://www.wayoflife.org/fbns/cslewis.htm

14. Sur les prises de position de Lewis contre la théologie libérale et la méthode historico-critique, voir en particulier C.S. Lewis, Fernseed and Elephants (Graines de Fougères et Eléphants), Ed.Collins Fount Paperbacks, 1975, pages 104 et suivantes.

15. Le libéralisme théologique désigne plusieurs courants de pensée religieux s’efforçant d’exploiter librement les traditions religieuses ; on doit l’opposer au fondamentalisme.

16. C.S. Lewis, The Abolition of Man (L’Abolition de l’Homme), Ed. Fount, Harper Collins, 1978.

17. C.S. Lewis, Christian Reflections (Pensées Chrétiennes), page 110 The Funeral of a Great Myth (L’Enterrement d’un Grand Mythe), Ed. Collins Fount Paperbacks, 1988.

18. C.S. Lewis, The Screwtape Letters (Tactique du diable) Ed. Collins, Fontana books, 1955

19. C.S. Lewis, Mere Christianity (Littéralement : Le Christianisme pur et simple), Collins Fontana Books, 1958 (traduction adaptée pour les lecteurs protestants francophones sous le titre : Les fondements du Christianisme, Ligue pour la Lecture de la Bible, 1979)

20. Tony Zakula : C.S. Lewis - Who He Was and What He Wrote, (C.S. Lewis - L’Homme et ses Ecrits) pages 2 et 3.

http://www.keepersofthefaith.com/BookReviews/BookReviewDisplay.asp?key=4&pr.

Nous recommandons vivement cet article à ceux qui lisent l’anglais.

21. C.S. Lewis, Letters (Lettres), Ed. Collins Fount Paperbacks, 1988, page 428, Lettre à Mrs. Ashton du 8 novembre 1952. Dans cet article, tous les extraits de la correspondance de C.S. Lewis sont tirés de cette même édition.

22. C.S. Lewis, Reflections on the Psalms (Pensées sur les Psaumes) Ed. Fount, Harper Collins 1977, pages 24 et 27.

23. The Trinity Review, John W. Robbins, novembre-décembre 2003 : Did C.S. Lewis Go to Heaven ? (C.S. Lewis est-il allé au ciel ?) http://www.trinityfoundation.org/

24. C.S. Lewis, Letters, To Sister Penelope C.S.M.V., page 509.

25. C.S. Lewis, Si Dieu écoutait… Lettres à Malcolm sur la prière, Delachaux et Niestlé, Neuchâtel, Suisse, 1970 page 138.

26. C.S. Lewis, Letters, Lettre à Mrs. Arnold, page 499.

27. C.S. Lewis, The Problem of Pain (Le Problème de la Souffrance), Collins Fontana Books, 1957, p. 25.

28. C.S. Lewis, Letters, Lettre au Professeur Kilby du 10 février 1957, page 462. Lewis fait allusion à l’héroïne Psyche, dans son roman Till We Have Faces, A Myth Retold (Littéralement : Jusqu’à notre face à face, un mythe raconté de nouveau) . Collins Fount Paperbacks, 1987.

29. C.S. Lewis, Mere Christianity, page 153.

30. Voir sur le Site “Parole de Vie” l’article Le Cours Alpha

http://paroledevie.org/maj_hit_article.php?id=A042&url=base/articles/html/A42.le_cours_alpha.htm

31. C.S. Lewis, Letters, Lettre à Mrs.Arnold, du 1er avril 1952, page 420.

32. Si Dieu écoutait, page 144.

33. C.S. Lewis, Letters, Lettre à Mrs. Arnold du 12 septembre 1951, page 412.

34. Brian Sibley, Shadowlands (Terre des Ombres), Hodder & Stoughton 1985, page 125.

35. Catéchisme de l’Eglise Catholique, Ed. Centurion/Cerf/Fleurus-Mame/Librairie Editrice Vaticane, Paris, 1998, §§ 1365, 1366, et 1367.

36. C.S. Lewis, The Screwtape Letters, page 84.

37. C.S. Lewis, Surprised by Joy, Collins Fontana Books 1974, pages 52-53

38. Voir sur le site “Source de Vie” l’article d’information :

http://www.sourcedevie.com/html/A064-seigneur-anneaux-tolkien-seigneurdesanneaux.htm

39. C.S. Lewis, Letters, Lettre à Arthur Greeves du 18 octobre 1931, page 288.

40. C.S. Lewis, Letters, Lettre à Chad Walsh du 23 mai 1960, page 488

41. C.S. Lewis, The Problem of Pain, page 59.

42. Les Ménades étaient des prostituées dites sacrées, qui participaient au culte orgiaque rendu à Dionysos (appelé Tammouz à Babylone et dans la Bible, et Bacchus chez les Romains. Dieu dénonce les abominations de ces rituels dans le chapitre 8 du Livre d’Ezéchiel).

43. Voir l’article à l’adresse :

http://www.thestar.com/NASApp/cs/ContentServer?pagename=thestar/Layout/Article_Type1&c=Article&
cid=1133651412444&call_pageid=968867495754&
col=969483191630.

44. C.S. Lewis, The Silver Chair (Le fauteuil d’argent), Ed. Fontana Lions 1980, p. 202.

45. C.S. Lewis, Letters, Lettre à Sophia Storr du 24 décembre 1959, page 486.

46. Consulter à ce sujet l’article : http://news.bbc.co.uk/1/hi/entertainment/4481756.stm

47. Sur Berit Kjos, voir l’adresse http://www.worthyinsights.com/features/beritkjos.html

48. Berit Kjos, Narnia, Dialectic Synthesis : Myth + Truth = Deception (Narnia; Synthèse dialectique : Mythe + Vérité = Séduction) Cet article en trois parties peut être consulté en anglais à l’adresse :

http://www.crossroad.to/articles2/05/narnia.htm

49. C.S. Lewis, The Last Battle, (La dernière bataille) Ed. Lions, 1987, page 154

50. Télévision Catholique Zenit, http://www.zenit.org/english/visualizza.phtml?sid=80888

Source: Source de Vie


Narnia, “réactionnaire” et “misogyne”

Pour l’écrivain Philip Pullman, les Chroniques de Narnia de CS Lewis sont des livres “racistes”, “réactionnaires” et “misogynes”

Le premier film mettant en scène la série d’ouvrages de CS Lewis – Le Lion, La sorcière blanche et l’armoire magique – devrait sortir en décembre. L’auteur de “His Dark Materials” affirme que ces histoires, datant des années 1950, sont rétrogrades et réactionnaires. “Si Disney veut vendre ce film comme une grande saga chrétienne, ils n’ont qu’à mentir à son sujet”, a-t-il déclarer au quotidien The Observer.

Le lion, la sorcière blanche et l’armoire magique est le second et le plus connu des sept romans de la série Narnia. Le film, qui a coûté 90 millions d’euros, devrait être le premier de cinq films. Il surfe sur le succès du Seigneur des Anneaux et des adaptations en cours d’Harry Potter.

Des mouvements évangéliques chrétiens aux Etats-Unis ont soutenu le film, voyant des parallèles entre les histoires de CS Lewis et les histoires de la Bible. “Nous croyons que Dieu communiquera l’évangile de Jésus-Christ à travers ce film”, a affirmé au journal Lon Allison, le directeur du centre Billy Graham de l’Illinois.

Mais selon Pulmann les livres de Narnia contiennent “un mélange irritant de préjugés racistes, misogynes et rétrogrades” et “pas une trace” de charité chrétienne. “Ce n’est pas la présence de doctrine chrétienne que je conteste autant, mais l’absence de vertu chrétienne”, a-t-il ajouté.

“La plus grande vertu – que nous tirons Nouveau Testament lui-même – est l’amour, et vous n’en trouvez pas la moindre trace dans ces livres”.

La trilogie de Pullman “His Dark Materials” a été saluée unanimement. Elle met en scène une bataille contre l’Église, un combat pour renverser Dieu.

Attaquée par des enseignants chrétiens et par la presse catholique comme blasphématoire, la trilogie de Pullman est elle aussi en train d’être adaptée en saga cinématographique.

(Source: BBC News - Traduction: voxdei.org)


Derrière Narnia… Walden Media

Voici un résumé concernant uniquement Le Monde de Narnia d’une interview de Michael Flaherty, co-propriétaire de Walden Media, la société productrice du film.

Les Chrétiens ont tendances à considérer Hollywood comme une Sodome et Gomorrhe moderne habitée par les morts-vivants. Les preuves tendent à démontrer que la comparaison n’est pas totalement fausse. Mais ses habitants sont de toutes sortes et cela inclus les gens qui désirent créer des films familiaux, ainsi que ceux qui proclament avoir un lien avec le Tout Puissant.
L’un d’entre eux est Micheal Flaherty qui, avec son collègue et ami Cary Granat, a créé Walden Media il y a six ans. Leur but était de produire de grands films sur la bases de livres à succès.
Créer la compagnie de production du film était un défi qui n’a pas été pris à la légère par ses fondateurs.

« Nous voulons être la prochaine grande marque de confiance pour les familles, surtout pour les enseignants, les bibliothèques et les parents, dit Flaherty. Notre mission est de rendre l’apprentissage plus excitant pour les enfants, grâce au film et au livre. »

La Walden Media affronte aujourd’hui son plus grand défi et sans doute sa contribution la plus gratifiante au monde du cinéma en réalisant L’Armoire magique.

Basée sur les célèbres livres pour enfants de C.S. Lewis, l’histoire est celle de quatre enfants qui découvrent une armoire magique qui les transporte dans le monde de Narnia, un pays habité par des animaux parlants et de nombreuses leçons de vie. Là, les enfants joignent leurs forces au courageux lion Aslan pour vaincre la méchante Sorcière Blanche.

« Nous assistons à de nombreuses réunions d’enseignants, à des assemblées de bibliothécaires et à des conférences sur les programmes scolaires, dit Flaherty. C’est une opportunité pour nous de demander aux enseignants et aux bibliothécaires ce que leurs étudiants lisent. Et quels livres ils ont envie de voir adapté à l’écran. L’Armoire Magique a toujours été en haut de la liste. »
Un cran plus haut que la plupart des contes pour enfants, le livre et le film sont plein d’analogies et de symbolisme Chrétiens. De plus, nombre de pratiquants trouvent que l’histoire encourage un dialogue ouvert entre les enfants et les parents au sujet du sacrifice de Jésus.

Lorsqu’on lui demande si ces sujets religieux ont fait tiquer Disney, Flaherty répond « Non, personne n’a suggéré d’omettre un thème ou un personnage dans aucune de nos discussions. Tout le monde considère Narnia comme une grande histoire. »

Disney embrassant la philosophie Chrétienne de C. S. Lewis signifie sûrement un renouveau cinématographique. « Le film est le livre, purement et simplement, dit Flaherty. Donc, tous les thèmes du livre sont dans le film. Pour moi, les thèmes principaux sont la famille et le pardon. J’y fais particulièrement attention maintenant que j’ai trois enfants. Ce qui est incroyable est l’amitié entre les frères et soeurs dans l’histoire. Et, bien sûr, le thème du pardon est très joliment introduit. »
« Il y a quelques guides d’éducation sur le site web Walden.com que les parents peuvent utiliser pour travailler avec leurs enfants. Grosso Modo, cela explique comment nous avons amené le livre à l’écran.Y sont aussi évoquées quelques histoires concernant le livre et son auteur. »
Si L’Armoire magique rencontre son public, est-ce que Walden Media va traiter d’autres projets en rapport avec l’auteur ?

« J’aimerais beaucoup, affirme Flaherty. L’un de nos premiers projets était La Question de Dieu, un documentaire qui examine le débat religieux entre Sigmund Freud, un critique de toujours de la religion, et C.S. Lewis, qui est devenu le partisan d’une foi basée sur la raison le plus influent en Amérique. Screwtape Letters est l’un de mes livres favoris et Mere Christianity est l’un des livres qui a le plus influencé ma vie.

(Source: Elbakin.net)


C.S. Lewis, l’auteur des “Chroniques de Narnia”, et l’apologétique

par Laurence Benoit(1)

Plutôt qu’une étude pointue sur la méthode apologétique de C.S. Lewis, cet article sera surtout une présentation globale d’un homme et de son Å“uvre. En effet, cette approche m’a semblé plus à même de faire découvrir cet auteur anglo-saxon souvent mal connu dans le monde francophone et de rendre justice à la richesse de sa personnalité et de son Å“uvre.

Je commencerai par expliquer comment cet auteur a croisé mon chemin, puis tracerai les grandes lignes de sa biographie et de son Å“uvre en consacrant un chapitre particulier au récit de sa conversion. Finalement, je parlerai de sa méthode apologétique en la mettant en parallèle avec son Å“uvre romanesque et tenterai une évaluation personnelle de l’auteur.

Introduction
Ma première rencontre avec C.S. Lewis eut lieu très peu de temps après ma conversion, il y a de cela plus de quinze ans. L’ami par l’intermédiaire duquel je m’étais convertie m’avait envoyé deux de ses livres, traduits en français : Les fondements du christianisme (à I’époque traduit sous le titre de “Voilà pourquoi je suis chrétien.”) et “Tactique du diable.”
Dieu, qui est pédagogue, savait exactement ce dont j’avais besoin à l’époque et Il avait alors mis entre mes mains les deux livres de cet auteur qui répondaient le mieux à mon questionnement du moment.

Le premier livre, par un raisonnement inductif2 rigoureux et une logique implacable, étayé par des illustrations vivantes, tente, sinon de prouver que Dieu existe, du moins de montrer que la croyance en un principe spirituel est une croyance plus raisonnable que le matérialisme car plus adéquate aux faits universellement observés. En effet, cette hypothèse (existence d’un principe spirituel personnel) explique, mieux que n’importe quelle autre, I’existence universelle, en dehors de toute Révélation, d’une loi morale naturelle régissant la conscience des hommes sur toute la terre, loi que tous les hommes ont aussi universellement conscience de transgresser.

Le fait d’adhérer à cette conclusion ne suffisant pas à faire d’un homme un chrétien, C.S. Lewis s’emploie ensuite à montrer qu’une partie de I’enseignement du christianisme coïncide avec les conclusions auxquelles nous aboutissions par I’usage méticuleux de la raison et que cela le rend extrêmement crédible, sinon absolument prouvé. En bref, il montre que le saut de la foi dans la révélation biblique n’est pas un saut dans l’irrationnel.

Pour être honnête, je dois dire qu’à l’époque, la méthode m’impressionna autant que le contenu des arguments. J’avais été formée à l’école du rationalisme laïque hérité des Lumières, faisant l’impasse sur toute une tradition de réflexion chrétienne, et j’avais toujours vu appliquer cette méthode inductive pour détruire toute idée de transcendance. Comprendre qu’elle pouvait être utilisée dans le but inverse (promouvoir I’idée de transcendance), et de manière tout à fait convaincante, fut pour moi un choc salutaire et rassurant car je percevais intuitivement que la foi définie comme un suicide intellectuel absolu ne pouvait produire à long terme que des fruits pourris. Grâce à la raison elle-même, C.S. Lewis ouvrait une brèche dans mon rationalisme étriqué, en me faisant comprendre que la foi en Dieu était finalement une position plus raisonnable, plus cohérente et plus conforme aux faits observés que l’athéisme, le matérialisme ou le relativisme moral, alors que jusqu’à cette époque j’avais appris à tenir le contraire pour vrai.

Le deuxième livre est une fiction humoristique dans laquelle un diable apprenti reçoit des lettres de son supérieur hiérarchique, lui donnant des conseils sur la meilleure façon de tenter un nouveau converti et de le perdre. L’emploi de la fiction pour aborder un problème si controversé ne doit pas nous faire perdre de vue que C.S. Lewis croyait réellement à l’existence du diable (ce qui est clairement dit dans le premier livre). Ce second livre s’attaque d’une manière toute différente du premier à un aspect de la problématique entre foi et raison qui était particulièrement épineux pour moi, à savoir le problème entre surnaturel maléfique et raison. La question de savoir si le diable existe vraiment et s’il a réellement le pouvoir d’agir dans le coeur des humains se posait à moi, à I’époque, en termes dramatiques. En effet, cette question, que je posais sans avoir une idée préconçue de la réponse, me faisait me demander si je n’étais pas en train de sombrer dans une névrose religieuse d’un type complètement démodé et si ma conversion n’était pas le signe annonciateur d’une folie d’un autre âge.

Si je me réfère à cette première expérience personnelle de C.S. Lewis, c’est parce qu’elle m’a permis de mieux cerner l’originalité de cet auteur, originalité qui, à l’époque, m’était apparue dans toute sa force surprenante.

Cette singularité consistait en ce mélange, chez un même homme, de logique et de méthode inductive rigoureuses, d’argumentation serrée, et… de foi inébranlable dans le surnaturel le plus fou tel que les miracles, la révélation, I’incarnation et même la croyance, si désuète, dans I’existence d’un personnage maléfique tel que le diable. Jusqu’à ce jour, mon éducation m’avait toujours appris à considérer ces deux éléments comme définitivement irréconciliables. Voir ces qualités réunies chez un même homme était pour moi extrêmement surprenant et en un sens très rafraîchissant.

Cette première rencontre me mettait aussi immédiatement en présence des deux talents de C. S. Lewis, talents qui eux aussi sont rarement réconciliés en un seul homme, à savoir une rationalité implacable doublée d’un profond sens du merveilleux. Sous ce terme de merveilleux, j’inclus une imagination d’une grande fécondité, un authentique talent poétique et un sens aigu du surnaturel. En effet, C.S. Lewis n’est pas seulement un philosophe solide et un apologète émérite de la foi chrétienne, mais c’est aussi un conteur de fables édifiantes, capable d’écrire de passionnantes histoires pour les enfants comme pour les adultes.

Une des principales erreurs commises à son égard, et source de malentendus, me semble avoir été de séparer ces deux fonctions; mais nous y reviendrons par la suite.
Malgré I’aide inappréciable qu’il m’apporta, je crois que sur le moment je n’ ai pas su mesurer la valeur de cet écrivain. Je n’en avais, à I’époque, pas les moyens.

Chose étrange, C.S. Lewis, après avoir si bien rempli son rôle auprès de la jeune convertie que j’étais, disparut de mon paysage personnel pendant plus de dix ans. Jusqu’au jour où le film d’Attenborough Shadowlands (en français Les ombres du coeur3), qui raconte de manière discutable mais en tout cas pleine de sensibilité un moment dramatique de sa biographie, I’a à nouveau fait sortir de l’ombre, non seulement pour moi, mais pour tous les spectateurs du film.
Dans ce film, on voyait l’intellectuel et le chrétien, l’homme qui avait si bien su parler de la souffrance selon Dieu (le mégaphone de Dieu pour réveiller un monde sourd, selon ses propres termes), aux prises non avec des idées ou des dangers fictifs, mais avec une impitoyable réalité : la mort lente et douloureuse, à cause d’un cancer, d’une épouse tendrement aimée, d’autant plus chère qu’elle lui avait été tardivement accordée. C.S. Lewis resta en effet célibataire jusqu’à I’âge de cinquante-neuf ans, et ne put jouir de la présence de sa femme que pendant trois brèves années. Le cancer fut I’un des “dragons” concrets que ce grand allégoriste eut à affronter au cours de son existence, car cette terrible maladie, après avoir dévoré sa mère alors qu’il n’était qu’un enfant, emporta sa femme alors qu’il était un homme vieillissant.
Le film ajoutait la note biographique, la touche de réalité et d’expérience qui rendait le personnage vivant et palpable, et qui me permit de me rendre compte que j’avais sans doute eu tort de ne pas m’intéresser d’un peu plus près à l’oeuvre d’un homme qui semblait avoir tant de facettes.

C’est alors que je me mis à lire une grande partie de sa production, tant apologétique, littéraire que biographique (plus d’une trentaine de livres en tout), et que je découvris un écrivain d’une grande richesse, un homme à I’intelligence aiguë, capable de diagnostiquer, avant que les symptômes ne soient pleinement évidents, les maladies dont était atteint I’Occident “post-chrétien”. Plus surprenant encore, je découvris aussi un grand allégoriste et un poète visionnaire.

Alors qu’à la même époque la plupart des intellectuels (consciemment ou inconsciemment) travaillaient à la déchristianisation de I’Occident, cet homme Å“uvra toute sa vie à contre-courant en se servant de I’intelligence et de la culture que Dieu lui avait données pour rechristianiser la culture occidentale. Ayant parfaitement compris que le chrétien ne se battait pas premièrement contre la “chair et le sang” mais contre “les dominations dans les lieux célestes”, il affronta avec courage, amour, persévérance et avec un humour tout britannique, toutes les idéologies mortifères du vingtième siècle (souvent de vieilles hérésies remises au goût du jour) telles que matérialisme, scientisme, relativisme moral, freudisme, hédonisme, ainsi que toutes les épreuves concrètes que Dieu ne manqua pas de lui faire traverser.

Grâce à son sens aigu du mal sous toutes ses formes et plus particulièrement sous sa forme idéologique, il fut probablement l’un des premiers intellectuels à prévoir le danger que représentaient les médias, le scientisme et I’idéologie technicienne pour la civilisation occidentale et à s’opposer de toute la force de sa foi, de sa raison et de son imagination, au désenchantement du monde, à sa déshumanisation et a son abrutissement.

Les femmes ont, peut-être plus que les hommes, la fâcheuse tendance, lorsque quelqu’un leur est profondément sympathique, à en déduire que cette personne a forcément toujours raison. J’espère ne pas être tombée dans ce piège. Pour le prouver, j’admettrai volontiers que C.S. Lewis n’est pas un grand théologien systématique (il ne prétendit jamais I’être), ni un exégète méticuleux du texte biblique. Force m’est aussi d’admettre que certains de ses choix doctrinaux ne sauraient satisfaire toutes les dénominations chrétiennes (sa croyance au purgatoire ainsi qu’une forme abâtardie de croyance en I’évolutionnisme en sont des exemples).

Toutefois, il ne fit jamais un cheval de bataille de ses positions controversées mais s’acharna plutôt à défendre un christianisme “de base” sur lequel les principales dénominations chrétiennes pouvaient tomber d’accord. Il refusa toujours de perdre son lecteur dans des querelles scolastiques trop subtiles. Il favorisa ainsi une sorte d’oecuménisme doctrinal. Par exemple, le manuscrit des Fondements du christianisme fut alternativement soumis à un ecclésiastique anglican, un méthodiste, un réformé et un catholique, qui tous en ratifièrent I’essentiel.

Mais il est aussi un reproche que j’ai souvent entendu prononcer contre lui et que j’aimerais, grâce à cet article, sinon nier complètement, du moins nuancer, car il me semble ne pas rendre justice à la personnalité complexe de cet auteur. En effet, on lui fait souvent le double reproche d’accorder une confiance sans limite à la raison et à la logique pour conduire I’homme jusqu’à Dieu, et de se servir exclusivement de ces instruments dans sa défense de la foi chrétienne.
Après cette longue introduction qui, je I’espère, nous a installés au coeur de notre sujet, voyons maintenant la biographie de C.S. Lewis. Nous examinerons ensuite sa méthode apologétique.

Biographie
C.S. Lewis est né à Belfast, en Irlande du Nord, en 1898, et mourut à Oxford en 1963. Sa mère mourut d’un cancer lorsqu’il avait neuf ans et son père, avoué de son métier, qui ne se remit jamais complètement de cette mort, abandonna I’éducation de ses deux fils, d’abord à des institutions scolaires de mauvaise qualité, puis finalement, en ce qui concerne C.S. Lewis, à un tuteur remarquable mais agnostique qui nourrit I’intelligence hors du commun de son élève de toute la culture classique occidentale (latin, grec, philosophie, histoire, littérature), en le confrontant directement avec les textes originaux. Si son éducation le mit en contact intime avec toutes les sources classiques et rationnelles de la culture occidentale, ses goûts naturels le portaient plutôt vers la culture “barbare” et romantique (au sens littéraire du terme). En effet, dès son plus jeune âge, C.S. Lewis fut un grand amateur de mythologie nordique, de contes de fées, d’allégories, de littérature médiévale et fantastique. Vers I’âge de dix-huit ans, bien avant sa conversion au christianisme, il fut profondément influencé par la lecture d’un auteur de contes de fées assez peu connu du nom de George MacDonald, chrétien de surcroît.

Comme son intelligence, la fertilité de son imagination se révéla aussi précocement. Il commença à exercer ses dons de créateur de fictions dès I’école primaire, en inventant des mondes fantastiques dont il dressait des cartes géographiques très précises. La seule branche où il ne brilla jamais fut I’arithmétique (mais pas la logique), car ainsi qu’il I’affirme lui-même dans son autobiographie, quel que soit le soin qu’il prenait pour faire ses opérations, elles ne tombaient jamais justes. Tout génie a ses failles et celle-ci ne fut heureusement pas éliminatoire4.

C.S. Lewis appartient donc à cette dernière génération d’intellectuels nourris à toutes les grandes sources de la culture occidentale, tant grecque que barbare et chrétienne, à l’exception de la veine purement scientifique et technique.
À partir de sa conversion, il mit cette immense culture au service de la défense du christianisme qu’il reconnut rapidement comme la géniale synthèse des deux autres tendances (grecque et barbare), chacune manifestant à sa manière, une parcelle de vérité.

Quand la première guerre mondiale éclata, C.S. Lewis avait seize ans. Il attendit d’avoir I’âge légal pour s’enrôler et passa ainsi son dix-neuvième anniversaire sur le front. En 1918, il fut blessé et rapatrié. L’expérience de la guerre, qui fut pour d’autres écrivains décisive et révélatrice, ne tient pas une place prépondérante dans son oeuvre, ni même dans sa vie. Les combats intellectuels et spirituels I’occupèrent et I’intéressèrent bien davantage. Si nous signalons ce fait, c’est que le film d’Attenborough avait tendance à présenter C.S. Lewis comme un intellectuel ayant frileusement passé toute son existence dans I’univers protégé des bibliothèques et des universités, en évitant soigneusement la vraie vie et ses souffrances. Cet épisode de sa vie (dont il se vanta rarement) prouve qu’il n’en fut rien et qu’il n’hésita pas, lorsque cela était absolument nécessaire, à sacrifier son confort à ce qu’il considérait être son devoir.

Après avoir brillamment terminé ses études à l’Université d’Oxford (latin, grec, anglais et philosophie), il fut chargé de cours (philosophie puis littérature anglaise) et directeur d’étude au Magdalen College (Oxford) de 1925 à 1954, date à laquelle il devint professeur de littérature médiévale et renaissance à Cambridge. Il eut une influence durable et profonde sur un grand nombre de ses élèves.

Longtemps athée convaincu, il se convertit pourtant au christianisme à l’âge de trente-trois ans, partiellement grâce à I’influence de son ami et confrère J.R. R. Tolkien, linguiste érudit et auteur de fictions fantastiques, mais aussi chrétien convaincu. C.S. Lewis adhéra alors à I’église anglicane d’Angleterre (et à ses doctrines fondatrices) à laquelle il resta fidèle toute sa vie, tout en sachant pertinemment que les loups (en particulier les théologiens libéraux pour lesquels il n’avait aucune sympathie) étaient dans la bergerie.

À partir de ce moment, il devint un très populaire maître de conférence, un vulgarisateur de qualité des grandes doctrines du christianisme. Ainsi que nous I’avons déjà vu, il est I’auteur d’un grand nombre d’essais de critique littéraire, d’essais apologétiques sur la foi chrétienne, de romans fantastiques et allégoriques pour enfants et pour adultes, et même d’essais biographiques, l’un racontant sa conversion, Surpris par la joie, et I’autre la période qui succéda à la mort de sa femme, A Grief Observed, non traduit à notre connaissance.

La conversion
Dans son enfance, en contemplant de lointaines collines de la fenêtre de sa chambre, C.S. Lewis fit pour la première fois I’expérience d’un désir romantique intense, comblé par une émotion esthétique d’une qualité spéciale, qui le marqua profondément et dont il passa la première partie de son existence (avant sa conversion) à essayer de comprendre I’essence. Il refit par la suite plusieurs fois, à diverses occasions, cette même expérience (qualifiée du nom de “joie”), en particulier en lisant les contes féériques de George MacDonald.

C.S. Lewis étant avant tout un intellectuel, la quête pour découvrir la nature de la “joie” prit la forme d’un pèlerinage intellectuel au travers des principales idéologies (les hérésies) du passé et du présent. Ce pèlerinage, raconté sous forme d’allégorie dans le livre The Pilgrim’s Regress (la régression du pèlerin) et construit sur la forme du Voyage du pèlerin de John Bunyan, le ramena finalement a la case départ. Il y trouva ce qu’il ne cherchait pas et ce qui ne l’arrangeait pas particulièrement, à savoir Dieu et la foi en Christ. En effet, I’expérience de la “joie” se révéla finalement d’essence religieuse, ce que C.S. Lewis n’avait pas prévu en entamant son voyage. Cette quête entreprise pour découvrir la vraie nature du bonheur aboutit donc, bien malgré C.S. Lewis, au sein de l’église chrétienne.

C.S. Lewis confessa lui-même qu’ii ne chercha jamais Dieu consciemment, mais qu’engagé dans une quête d’un autre type, il trouva ce qu’il n’avait jamais désiré trouver. Il affirme lui-même:

“Je n’ai jamais connu I’expérience qui consiste à chercher Dieu. C’est dans l’autre sens que les choses se produisirent : II était le chasseur (ou c’est ainsi que je percevais la chose) et j’étais le daim. II me traqua comme I’aurait fait un Peau-Rouge, me visa précisément, et fît feu. Et je suis reconnaissant que cette première rencontre à première dont j’eus conscience) se produisit de cette manière. Cela m’arma contre la peur future que cette expérience n’ait été que l’assouvissement d’un désir. Une chose que l’on désire peut difficilement ressembler a cela.”

Fort de cette citation, il est difficile de comprendre comment on peut faire de C.S. Lewis un rationaliste persuadé que l’homme peut trouver Dieu par le seul usage de la raison. La découverte de l’existence de Dieu et de la véracité du christianisme ne fut pour lui que le sous-produit non souhaité d’une quête existentielle et intellectuelle plus générale. Bien qu’adepte de la raison et de la logique, C.S. Lewis savait que l’homme ne cherche jamais Dieu spontanément mais que souvent engagé dans une quête d’un autre type, il finit parfois par Le croiser sur son chemin; I’initiative de la rencontre et de la conversion reposant en dernier recours toujours sur Dieu lui-même. II savait aussi que cette première rencontre fait rarement très plaisir.
Voici comment il décrit lui même sa conversion dans son autobiographie Surpris par la joie:

“Ce que j’avais tant redouté a fini par m’arriver. Au cours de l’été 1929, je cédais et admis que Dieu était Dieu. Je me jetais a genoux et me mis à prier. J’étais sans doute cette nuit-la le converti le plus démoralisé et récalcitrant de toute l’Angleterre.”

Il est vrai aussi que d’autres extraits de sa biographie, en apparente contradiction avec les passages cités plus haut, tendent à montrer que C.S. Lewis se convertit parce que l’usage rigoureux du raisonnement et de la logique le conduisit d’abord à la conclusion non souhaitée qu’un principe spirituel était à I’origine de tout (au théisme), puis à la conclusion encore plus dérangeante que le christianisme ne pouvait qu’être vrai. La raison, chez lui, fut convertie avant la volonté et les sentiments, mais une fois acculé intellectuellement, en homme conséquent avec lui-même, il ne put que se soumettre tout entier.

C.S. Lewis était assez lucide sur le cÅ“ur humain en général, et sur le sien en particulier, pour savoir que les hommes ne croient pas spontanément à ce qui est vrai mais d’abord à ce qui les arrange ou leur fait plaisir, et peut-être même (par perversion) plus facilement à ce qui les dérange qu’à ce qui est vrai. Or, le fait que la foi chrétienne soit vraie ne le réjouissait pas particulièrement, mais il était contraint d’en admettre la véracité en se soumettant aux exigences de la logique. Une adhésion accordée avec tant de répugnance, presque contraint et forcé, et sur la base de quelque chose d’aussi neutre, était pour lui une garantie d’authenticité.

On peut ainsi constater deux choses apparemment contradictoires: d’une part I’importance de la démarche intellectuelle dans le processus de la conversion de C.S. Lewis, mais d’autre part aussi la conviction que cette démarche intellectuelle (entreprise pour de toutes autres raisons que la recherche du divin) ne fut qu’un instrument docile entre les mains de Dieu. On a parfois bien de la peine a concilier ces deux aspects de cette même conversion. Pourtant ceux-ci ne font que manifester sous une forme incarnée les deux grandes doctrines apparemment paradoxales du Christianisme, à savoir la souveraineté totale de Dieu et I’entière responsabilité humaine (et particulièrement lorsque cette responsabilité humaine est celle d’un intellectuel).

C.S. Lewis n’a jamais cru que la raison seule, indépendamment de la Révélation et de toute action divine, pouvait conduire I’homme à la connaissance parfaite du Dieu vivant et de son plan de salut. Par contre, en tant qu’intellectuel, il pensait que sa responsabilité consistait à défendre I’idée que la foi était quelque chose de parfaitement raisonnable et que la Révélation était plus conforme aux faits et à la logique que la plupart des philosophies concurrentes, contrairement a ce qu’une propagande malveillante laissait généralement supposer. Il savait aussi, j’essaierai de le montrer tout à I’heure, que la raison n’est pas neutre mais largement corrompue, et que sans une grâce divine particulière et constante elle n’est qu’une mauvaise boussole.

L’Apologétique
Si je me suis longuement étendue sur le déroulement de cette conversion, c’est qu’elle nous aide à comprendre la méthode apologétique que C.S. Lewis utilisa toute sa vie. En effet, cette apologétique s’inspire plutôt de son expérience personnelle et de constatations pratiques que de principes théologiques généraux. On peut le lui reprocher. Cependant, il faut rappeler qu’il n’affirma jamais que son expérience était normative. Il pensait simplement que ce qui I’avait aidé a franchir le seuil de la foi pouvait aussi aider ceux qui lui ressemblent.

La raison et la réflexion ayant joué un grand rôle dans sa propre conversion, il va les utiliser pour amener son lecteur à admettre la crédibilité du christianisme, sa cohérence interne et son adéquation à I’expérience humaine générale. Étant absolument convaincu que le christianisme est objectivement vrai, il essaiera d’en convaincre ses adversaires par toutes sortes d’arguments rationnels, tout en sachant pertinemment qu’il faut une grâce spéciale pour admettre la validité de ces arguments.
Il va aussi utiliser la raison pour traquer les contradictions internes des philosophies concurrentes et en démontrer I’inanité et la fausseté.

L’une des méthodes possibles, pour bien comprendre I’apologétique de C.S. Lewis, consiste sans doute à analyser ce qui représentait pour lui I’antithése de cette apologétique: la tactique du diable.
En effet, si C.S. Lewis a une relative confiance dans la raison humaine, il sait aussi très bien que le diable peut tordre les fils de cette raison de manière inextricable, que c’est même une de ses stratégies favorites, et que sans une intervention divine particulière et constante I’homme est forcément sa dupe.
Écoutons ce que Screwtape, l’oncle du diable apprenti, écrit à son neveu à propos du jeune converti qu’il doit perdre:

«Je prends note (…) du soin que tu prends à le mettre aussi souvent que possible en contact avec son ami matérialiste. Mais n’es tu pas un peu naïf ? On dirait que tu t’imagines I’arracher par le raisonnement aux griffes de I’Ennemi. Ceci aurait été possible s’il avait vécu quelques siècles plus tôt. A cette époque-là, les humains savaient encore reconnaître quand une chose était prouvée et quand elle ne I’était pas. Et lorsqu’elle était prouvée, ils y croyaient vraiment. Ils faisaient encore le lien entre la pensée et I’acte, ils étaient prêts à changer leur manière de vivre quand la logique le leur conseillait. Mais, par le moyen de la presse et des autres mass media, nous avons réussi en grande partie a modifier cela. Ton homme a été habitué. depuis son enfance, à abriter une douzaine de philosophies contradictoires dans son cerveau. En jugeant d’une doctrine, I’essentiel pour lui n’est pas de savoir si elle est “vraie” ou “fausse” mais si elle est “abstraite” ou “pratique”, “démodée”ou “moderne”, “souple”ou “rigide “. Les slogans, et non le raisonnement, seront tes meilleurs alliés pour I’éloigner de I’église. Ne perds pas ton temps ci essayer de le convaincre que le matérialisme est vrai! Fais-lui croire qu’il est fort, vigoureux, courageux, que c’est la philosophie de I’avenir. Car c’est à ce genre de chose qu’il est sensible.
L’inconvénient à faire appel au raisonnement, c’est que I’Ennemi a I’avantage du terrain. II sait fort bien argumenter. Tandis que dans le genre de propagande pragmatique que je préconise, il s’est montré depuis des siècles bien inférieur à notre père d’en bas. Par le simple fait d’argumenter, tu éveilles l’esprit de ton protégé. Et une fois qu’iI est éveillé, qui peut en prévoir les répercussions? Même si tu arrives à tordre le fil de ses pensées et